Devenir psychologue pour les enseignants : le guide 2026.
Pourquoi vouloir devenir psychologue après l’enseignement ?
« J’aimerais devenir psy. Est-ce réaliste si je suis prof ? »
Cette question, de nombreux enseignants se la posent. Le besoin d’un métier plus humain, l’envie d’accompagner autrement, l’usure, le manque de sens… autant de raisons qui expliquent l’intérêt croissant pour devenir psychologue quand on est enseignant·e.
Mais l’envie ne suffit pas : entre le titre protégé de psychologue, le concours de PsyEN, les écoles privées de psychothérapie ou les formations à distance, le paysage est difficile à comprendre. Dans cet article, vous découvrirez clairement :
ce qui est possible
ce qui est réaliste
et ce qui est légalement encadré
… sans promesse magique ni discours culpabilisant.
Allons droit au but.
Les trois voies possibles pour devenir psychologue quand on est enseignant
Les trois voies principales en psychologie pour un enseignant.
Devenir psychologue en libéral : le titre d’État et son cadre strict
Si votre objectif est d’exercer en cabinet avec le titre de psychologue, le chemin est unique et très encadré. En France, ce titre est protégé. Pour l’obtenir, il faut :
une Licence de psychologie (L1 à L3) ;
un Master 2 universitaire de psychologie ;
un stage professionnel d’environ 500 heures ;
un enregistrement ADELI à l’ARS.
Aucune expérience dans l’Éducation nationale ne permet d’obtenir ce titre autrement. Même avec vingt ans de carrière, il faut reprendre des études.
Exigences légales : Licence + Master 2 + stage professionnel
Ce parcours demande du temps, souvent cinq à sept ans pour un enseignant qui repart de zéro. La charge de travail est importante : lectures, mémoire, partiels, stages… et parfois en parallèle d’un service d’enseignement encore en cours.
Le parcours classique du psychologue libéral.
Témoignage de Cécile : 25 ans de carrière enseignante et un pari réussi en psychologie
Cécile, enseignante depuis vingt-cinq ans, a repris des études de psychologie en FOAD. Elle a obtenu un congé de formation professionnelle pour son Master, puis une rupture conventionnelle à la fin de son M2. Elle s’installe aujourd’hui comme psychologue libérale.
Elle résume son expérience ainsi :
« C’est long et fatigant, mais je revis. Je n’ai jamais eu autant l’impression d’être à ma place. »
Son parcours illustre bien que devenir psychologue quand on est enseignant est possible, mais demande une stratégie claire et une vraie endurance.
Devenir PsyEN : le chemin le plus naturel pour les professeurs
Le métier de Psychologue de l’Éducation nationale (PsyEN) attire beaucoup de professeurs, car il permet de rester fonctionnaire tout en changeant de posture.
Pour devenir PsyEN, il faut obligatoirement :
le même parcours Licence + Master 2 de psychologie,
puis réussir le concours national PsyEN (EDA ou EDO),
et effectuer une année de stage.
Parcours classique du psychologue de l’Education Nationale.
Réalités du terrain : charge, missions, satisfaction
Les témoignages sont contrastés :
Certains PsyEN décrivent un métier passionnant, centré sur l’écoute, l’orientation et les bilans.
D’autres évoquent une charge énorme : 1500 élèves, de nombreux écrits pour la MDPH, des réunions régulières, des déplacements, et le sentiment d’être seul face à des situations lourdes.
Ce qui ressort : c’est un métier utile, exigeant, très différent de l’enseignement… mais qui ne garantit pas une charge plus légère.
Suivre une formation de psychopraticien : un autre modèle d’accompagnement
De nombreuses écoles privées proposent des formations de psychopraticien, gestalt-thérapeute, analyste transactionnel, etc. Elles durent généralement deux à quatre ans.
✔️ Elles permettent d’exercer en libéral
❌ Elles ne permettent pas d’utiliser le titre de psychologue
❌ Elles ne donnent pas accès au concours PsyEN
Le parcours du psychopraticien.
Ce choix est pertinent si votre objectif est d’accompagner autrement, sans viser un titre d’État, en assumant un statut de « psychopraticien·ne ».
Reprendre des études de psychologie quand on est enseignant : ce qu’il faut vraiment savoir
Reprendre des études de psychologie attire de plus en plus de personnes en quête de sens, d’utilité et d’un cadre professionnel plus soutenable. Mais derrière l’envie, il y a une réalité : ce parcours est exigeant, long… et doit être anticipé.
Entrer en licence de psychologie : L1, L2, L3 et équivalences
Si vous n’avez jamais validé de licence de psychologie, deux chemins existent :
Reprendre en L1, comme tout·e étudiant·e débutant·e.
Demander une entrée en L2 ou L3 grâce à vos diplômes existants (lettres, sciences humaines, sciences de l’éducation…). Certaines universités acceptent des équivalences, d’autres non.
Chaque établissement a ses propres critères. Un dossier argumenté, clair et motivé fait souvent la différence, tout comme un contact direct avec les responsables pédagogiques. Beaucoup d’enseignants témoignent que ces échanges personnalisés ont facilité leur admission.
Déjà titulaire d’une licence : candidater en Master
Si vous disposez déjà d’une licence de psychologie, vous pouvez viser l’entrée en Master 1.
Mais soyons honnêtes : les Masters de psychologie sont parmi les plus sélectifs de France.
De nombreux enseignants racontent avoir candidaté plusieurs années avant d’être retenus. Il est donc essentiel d’anticiper, de viser plusieurs universités et de renforcer son dossier (expérience, stages, formation complémentaire…).
Étudier la psychologie à distance (FOAD) : opportunités et contraintes
Plusieurs universités proposent des cursus de psychologie à distance (Paris 8, Rennes 2, Toulouse, Aix-Marseille…).
Les retours des enseignants sont récurrents :
« C’est faisable, mais c’est un deuxième travail. »
« Les examens restent en majorité en présentiel, même en FOAD. »
« Le coût annuel varie entre 350 et 450 €. »
La charge est souvent importante : travail à temps plein, cours à distance, lectures, méthodologie universitaire, vie personnelle… Avant de vous lancer, évaluez honnêtement votre disponibilité réelle.
Quels dispositifs administratifs pour organiser sa reconversion ?
Le cumul d’activité en libéral
Il peut permettre quelques heures d’accompagnement, sous réserve d’une autorisation du rectorat. Ce n’est pas une solution à temps plein, mais une transition possible.
Les autorisations d’absence pour examens
Elles existent, mais ne sont pas automatiques. L’anticipation est indispensable : convocations, justificatifs, calendrier universitaire…
Le Congé de Formation Professionnelle (CFP)
Pour les enseignants souhaitant préparer un Master, c’est souvent la clé :
rémunération partielle,
sélection très compétitive,
durée limitée (3 années maximum dans toute la carrière),
obligation de servir ensuite dans la fonction publique.
Il permet néanmoins de dégager du temps réel d’étude et d’avancer plus sereinement.
La disponibilité pour études
Souvent utilisée pour finaliser une L3 ou un Master :
→ pas de rémunération, pas d’avancement, mais du temps pour étudier.
La rupture conventionnelle
Elle ouvre droit à :
une indemnité de départ,
l’accès éventuel au chômage,
une transition plus souple vers un nouveau métier.
Beaucoup d’enseignants choisissent cette option après avoir validé leur M2. À surveiller : son maintien ou non en 2026.
Durée, coût et organisation concrète du parcours
Combien d’années prévoir ?
Déjà titulaire d’une licence de psychologie : 2 à 3 ans
Sans licence : 5 à 7 ans
Avec équivalences partielles : 4 à 5 ans
Budget global à anticiper
Frais FOAD : 350–450 € / an
Déplacements pour les examens : variable selon votre lieu
Baisse de revenus en disponibilité ou en CFP
Pour une future activité libérale : supervision, assurance, matériel, cabinet…
Pour affiner votre budget, consultez les ressources mises à jour sur le site du Service-Public.
S’auto-évaluer : cette reconversion est-elle faite pour vous ?
Avant de vous engager dans un parcours long et exigeant, prenez le temps d’observer :
1. Vos motivations profondes : attraction ou fuite ?
Êtes-vous attiré·e par la psychologie ? Ou cherchez-vous surtout à quitter l’enseignement ?
Les deux existent, mais le clarity check est essentiel pour tenir dans la durée.
2. Votre capacité réelle d’étude
Lectures scientifiques, mémoires, méthodologie, examens en présentiel… Les études de psycho demandent du temps et de l’endurance.
3. Votre rapport à l’insécurité financière
Entre baisse de revenus, CFP partiel ou disponibilité non rémunérée, il est normal d’hésiter. Sécuriser le parcours est une étape clé.
4. Votre santé mentale et votre environnement de soutien
Reprendre des études n’est pas un sprint. C’est un marathon, souvent solitaire, qui demande du soutien, de la clarté et un cadre protecteur.
Conclusion : une reconversion possible, mais exigeante
Devenir psychologue quand on est enseignant n’est ni un rêve inaccessible, ni une voie rapide. C’est une reconversion réaliste, cohérente et profonde, à condition de :
bien connaître le cadre légal,
choisir la voie qui correspond à vos valeurs,
accepter la durée et l’intensité des études,
vous protéger financièrement et émotionnellement.
Votre parcours d’enseignant n’est pas un frein : il est même souvent un atout, car la connaissance du terrain humain et scolaire enrichit la posture clinique.
L’important est d’avancer étape par étape, sans brûler les étapes, et de construire un projet à la fois solide, réaliste et respectueux de votre santé.
FAQ – Devenir psychologue
1. Peut-on devenir psychologue sans Master 2 ?
Non. Le titre est protégé. Un M2 universitaire est obligatoire.
2. Le métier de PsyEN est-il moins stressant que celui de prof ?
Il est différent, mais pas forcément plus léger. La charge et la solitude peuvent être importantes.
3. Les écoles privées de psychothérapie sont-elles reconnues ?
Elles sont reconnues dans le milieu, mais ne donnent pas le titre de psychologue.
4. Peut-on financer ses études tout en enseignant ?
Oui, grâce au FOAD, au cumul d’activité, au CFP ou à une disponibilité.
5. Est-ce possible à plus de 45 ou 50 ans ?
Oui. De nombreux enseignants se reconvertissent tardivement.
6. Combien de temps dure une reconversion complète ?
Entre 3 et 7 ans selon votre point de départ.
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