De professeur à orthophoniste : une reconversion réaliste ?

Professeur des écoles intéressé par l’orthophonie, est-ce vraiment une bonne idée ? On vous explique tout.

Vous êtes professeur (des écoles, le plus souvent).

Vous aimez encore transmettre, accompagner, faire progresser les élèves.

Mais vous ne vous reconnaissez plus vraiment dans le cadre : le rythme, la surcharge, le manque de temps pour aider réellement ceux qui en ont besoin.

Et régulièrement, une idée revient : devenir orthophoniste.

Pas comme une lubie.

Plutôt comme une piste sérieuse, insistante, parfois même évidente.

Le problème, c’est que lorsque l’on commence à se renseigner, on trouve :

  • beaucoup d’informations éparses,

  • des témoignages très contrastés,

  • peu de vision d’ensemble pour savoir si ce projet est réellement fait pour soi.

👉 L’objectif de cet article est simple :

vous aider à organiser votre réflexion, avant toute décision engageante.

🔹 Si vous souhaitez découvrir d’autres métiers, des fiches métiers sont envoyées chaque mois aux abonnés de la Gazette.

Pourquoi l’idée de devenir orthophoniste revient si souvent chez les professeurs des écoles

Si cette reconversion vous traverse l’esprit, ce n’est ni un hasard ni un caprice.

Elle s’inscrit souvent dans une logique professionnelle très cohérente.

Un lien naturel avec le langage et les apprentissages

En tant que PE, vous travaillez déjà au quotidien sur :

  • la lecture,

  • l’écriture,

  • l’oral,

  • la compréhension,

  • les difficultés de langage ou d’accès aux apprentissages.

Vous repérez les fragilités, vous adaptez, vous cherchez des stratégies.

Mais vous le faites dans un cadre collectif, avec peu de temps, peu de moyens, et une frustration fréquente : celle de ne pas pouvoir accompagner aussi finement que vous le voudriez.

L’orthophonie apparaît alors comme un prolongement logique… mais dans un autre cadre.

Une fatigue du cadre scolaire, pas de la mission éducative

Ce qui revient le plus souvent chez les enseignants qui s’interrogent :

  • trop d’élèves,

  • trop de contraintes,

  • trop peu de marge de manœuvre.

Et en parallèle, une envie persistante :

  • d’un accompagnement plus individualisé,

  • d’un impact plus visible,

  • d’un travail plus en profondeur.

👉 Cette envie est légitime.

Mais envie légitime ne signifie pas projet prêt.

Orthophoniste : une continuité logique… mais une reconversion exigeante

Avant d’aller plus loin, il est essentiel de sortir d’une vision idéalisée.

Ce que l’orthophonie permet réellement

Le métier d’orthophoniste offre :

  • un accompagnement individualisé,

  • un suivi dans la durée,

  • une réelle autonomie professionnelle,

  • un sentiment d’utilité très fort.

Pour beaucoup d’enseignants, c’est précisément ce qui fait sens.

Ce que beaucoup découvrent trop tard

En revanche, l’orthophonie implique aussi :

  • des études longues,

  • un retour au statut d’étudiant,

  • une responsabilité clinique importante,

  • une charge mentale différente, mais bien réelle.

👉 Avant de se demander comment devenir orthophoniste,

il faut d’abord comprendre dans quoi on s’engage.

Quelles études pour devenir orthophoniste quand on est professeur des écoles ?

C’est un point structurant du projet.

Le parcours officiel

Pour exercer comme orthophoniste, il faut :

  • suivre 5 années d’études universitaires,

  • réussir une sélection ou un concours à l’entrée,

  • valider des stages cliniques obligatoires tout au long du cursus.

Le diplôme est indispensable pour exercer légalement.

Ce que cela implique concrètement quand on est déjà en poste

Quand on est enseignant, cela signifie :

  • une disponibilité importante à prévoir,

  • une réorganisation de la vie personnelle et familiale,

  • une anticipation financière indispensable.

Ces éléments ne rendent pas le projet impossible,

mais ils le rendent structurant, et parfois clivant.

🔹 Chaque mois, dans la Gazette, je décortique un métier envisagé par les enseignants.

Peut-on préparer un projet d’orthophonie sans se mettre en difficulté ?

C’est ici que beaucoup de parcours basculent… dans un sens ou dans l’autre.

La fausse bonne idée : tout décider trop vite

Sous l’effet de la fatigue ou de l’urgence, certains enseignants :

  • s’inscrivent précipitamment,

  • prennent des décisions lourdes sans vision globale,

  • portent leur projet contre eux-mêmes.

Résultat : épuisement, abandon, culpabilité.

La bonne approche : structurer avant d’agir

À l’inverse, les projets les plus solides commencent par :

  • une clarification des motivations,

  • une confrontation à la réalité du métier,

  • une évaluation honnête des contraintes personnelles.

👉 C’est souvent avant l’inscription que tout se joue.

Le plan d’étapes réaliste pour réfléchir à une reconversion vers l’orthophonie

Voici une progression qui permet d’avancer sans se mettre en danger.

Étape 1 : clarifier ce que vous cherchez vraiment

La question n’est pas seulement :

« Est-ce que je veux devenir orthophoniste ? »

Mais aussi :

  • est-ce un changement de métier ou de cadre ?

  • est-ce l’orthophonie, ou une autre forme d’accompagnement ?

Étape 2 : confronter le projet à la réalité du terrain

Cela passe par :

  • des échanges avec des orthophonistes,

  • de l’observation,

  • une compréhension fine des conditions d’exercice.

Étape 3 : évaluer la faisabilité personnelle

Trois piliers à examiner sans détour :

  • le temps,

  • l’énergie,

  • les finances.

Un projet viable est un projet compatible avec votre réalité actuelle.

Étape 4 : envisager plusieurs scénarios

  • reprise d’études,

  • aménagement de carrière,

  • autres pistes professionnelles compatibles avec vos besoins.

👉 Ne pas tout miser sur une seule option est souvent une clé de sécurité.

🔍 Besoin d’un premier repère personnalisé ?

Si vous hésitez entre plusieurs pistes,

ou si vous avez besoin de savoir si l’orthophonie correspond réellement à votre profil et à votre moment de vie :

👉 Le test d’orientation est un bon point de départ pour y voir clair avant d’aller plus loin.

FAQ

❓ Peut-on être détaché de l’Éducation nationale pour devenir orthophoniste ?

Non. L’orthophoniste est une profession de santé relevant du ministère de la Santé. Il n’existe pas de possibilité de détachement depuis l’Éducation nationale pour exercer ce métier.

❓ Existe-t-il des passerelles pour les professeurs des écoles vers l’orthophonie ?

Il n’existe pas de passerelle officielle. En revanche, certaines compétences développées dans l’enseignement (langage, pédagogie, observation) peuvent faciliter la reprise d’études.

❓ Peut-on devenir orthophoniste sans reprendre 5 ans d’études ?

Non. Le diplôme d’orthophoniste est obligatoire pour exercer légalement et nécessite cinq années d’études universitaires.

❓ Peut-on cumuler un poste de professeur des écoles et des études d’orthophonie ?

En pratique, cela est très difficile sur la durée. La charge de travail et les stages obligatoires rendent le cumul peu compatible avec un poste à temps plein.

❓ L’orthophonie est-elle une reconversion plus « douce » que l’enseignement ?

Elle est différente, mais pas forcément plus simple. Les études sont exigeantes et la responsabilité clinique peut être lourde. Le métier apporte cependant un autre cadre et un autre rapport au temps.

❓ Par quoi commencer avant de se lancer dans ce projet ?

Par une clarification structurée de vos motivations, de vos contraintes personnelles et de votre moment de vie, avant toute décision administrative ou inscription.

❓ Le métier d’orthophoniste garantit-il un meilleur équilibre de vie ?

Cela dépend fortement du mode d’exercice (libéral ou salarié), de l’organisation choisie et de vos limites personnelles. Il n’existe pas de modèle universel.

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